Astronoid

Astronoid – Radiant Bloom

Avec Radiant Bloom, Astronoid réalise 2 tours de force. Le premier est de se forger une empreinte musicale bien identifiable, un peu en-dehors des sentiers battus. Le groupe fait évoluer son style, avec ce 3ième album, en s’éloignant du Metal et en confirmant une approche très Shoegaze, tout en conservant le blast beat quasi systématiquement. La marque de fabrique d’Astronoid est d’ailleurs une sorte de wall of sound presque permanent.

Mais le deuxième tour de force du groupe est de rendre cette saturation sonore addictive et presque légère. Pour parvenir à ce résultat, le chant éthérée, limite pop, réalise sans doute une part du travail. Toutes les compositions font également preuves d’une grande richesse mélodique.

Radiant Bloom démarre relativement doucement avec la première moitié d’Admin. On part ensuite à fond pour les 9 titres de l’album, sans le moindre relâchement, ni morceau de transition. Et, pour peu d’entrer dans le jeu, à la fin de l’album, la seule envie est de rappuyer sur play. C’est ça Astronoid !

   

Maybeshewill

Maybeshewill – No Feeling Is Final

En 2015, Maybeshewill annonçait leur séparation après une dernière petite tournée. Mais depuis 2018, des espoirs de reformation existaient, car à l’invitation de Robert Smith des Cure, le groupe a participé au Meltdown Festival. Et c’est donc en novembre de cette année que Maybeshewill publie son 5ième album intitulé No Feeling Is Final.

Une chose est sûre, Maybeshewill fait toujours du Maybeshewill. Peut-être plus que jamais, le groupe trouve sur cet album l’équilibre parfait entre les instruments classiques, l’électro, et les guitares. S’il ne renouvelle pas vraiment son style, la richesse obtenue par les 3 types d’instrumentation suffit à apporter l’originalité nécessaire et éviter toute impression de redite. Et on atteint le Graal lorsqu’on touche à l’émotion, surtout sur des titres comme Zarah, Complicity, Invincible Summer et Refuturing. On remarquera aussi tout particulièrement l’étonnant Green Unpleasant Land avec son côté très folk.

Par la multiplicité des sons et la diversité mélodique, le groupe anglais arrive à produire un album Post-Rock référence en terme de densité, comparable au dernier album de Caspian par exemple, mais dans un style toutefois très différent. Chapeau Maybeshewill, et merci d’être revenu !

   
Coldbones

Coldbones – The Cataclysm

Le groupe anglais avait déjà publié un premier album de Post-Rock solide en 2018, Where All It Began, et il a été possible de les découvrir en France lors d’une petite tournée en fin d’année dernière. Coldbones revient en 2020 avec ce 2ième album et aurait dû le soutenir au Dunk!Fest.

Comme avec beaucoup d’album, le premier titre pose les bases de celui-ci, il définit quel sera le nouveau son du groupe. The Flooding of the Word commence en douceur, élégamment. Les grosses guitares n’apparaissent qu’à mi-morceau. Ensuite, les sons électros arrivent eux pour accompagner la boucle principale. Et, ce n’est que pour la fin du titre que sont introduites les structures complexes pour un conclusion en apothéose.

Collapse, le titre suivant, est celui qui a été assez logiquement choisi comme single. Il est relativement court, direct grâce à des riffs efficaces. Les sons électros simulent de manière lointaine et assez originale un chant.

Tide et Cleanse suivent avec fluidité et cohérence. Ils sont chacun des alternances de moments doux et fins et de passages agressifs. La qualité des riffs n’est jamais démentie.

Le court Ascend, puis The Burning of the Earth sont des titres plus atmosphériques. Les riffs appuyés ne reviennent qu’avec Ruin, où les sons électros apportent également une belle richesse. Consume s’appuie lui plus sur des riffs récurrents. Hinterlands arrive à faire passer une belle émotion grâce à ces mélodies.

Extinct, enfin, clôture l’album avec force et rythme, et un extrait d’un poème de Lord Byron (poète britannique du 18ième siècle) remarquablement intégré à la composition.

Ce The Cataclysm est une grande réussite. Grâce entre autres à un son parfaitement maîtrisé, il fait preuve d’une grande richesse. Il devient clair avec cet album que Coldbones sera un pilier du renouveau du Post-Rock britannique.

 
 

Barrens

Barrens – Penumbra

À la sortie de ce Penumbra, Pelagic Records a présenté Barrens comme étant composé de 2 membres très expérimentés du groupe injustement méconnu (selon eux) Scraps of Tapes. Et, il est vrai que ce premier album de ces suédois n’a rien d’un coup d’essai d’un jeune groupe inexpérimenté !

Ce qui marque en premier lieu avec Barrens, c’est son empreinte sonore, très personnelle et reconnaissable. Elle est une étonnante alliance d’un côté très synthétique, un peu à la manière de Caspian, et d’un côté très rugueux. Mais la remarquable réussite de l’album vient ensuite d’une inspiration mélodique qui ne se dément pas sur la longueur, des titres phares, jusqu’aux morceaux de transition. La musique est bien souvent très incisive, elle est également marquée par une certaine mélancolie et toujours ciselée avec grande finesse à la manière des grands noms du Post-Rock. Barrens nous délivre, dès ses débuts, une belle pépite.

Caspian

Caspian – On Circles

Après le presque unanimement plébiscité Dust and Disquiet paru en 2015, Caspian revient en tout début d’année avec son 5ième album intitulé On Circles.

Avec WildBlood, le premier titre, le groupe semble vouloir poser les bases. Caspian ne se fixe plus de limite, le nouveau Caspian ne se contente plus de beaux crescendos Post-Rock, le nouveau Caspian a le droit d’être d’entrée plus cash, plus direct. Mais attention, on reste sur un son très Post-Rock, une production 5 étoiles et l’émotion est elle aussi toujours au rendez-vous. Un grand morceau de Post-Rock.

Flowers of Light est un titre plus classique, avec un gros travail sur le son, très reconnaissable. Nostalgist est peut-être le morceau le moins intéressant, le chant de Kyle Dufrey de Piano Becomes the Teeth donnant un petit goût de guimauve. Division Blues est un long et beau morceau développant ses mélodies. Et non, ce titre ne se terminera pas sur un mur de son, comme l’aurait sans doute fait l’ancien Caspian. La tension reste contenue. Avec Onsra, nous sommes plus sur la douceur d’un Post-Rock cinématique, très proche de ce que fait Lights and Motion. Collapser, ensuite, est le morceau très catchy de l’album, très intense de bout en bout. On retrouve la douceur sur le titre suivant, Ishmael, avec la participation de Jo Quail au violoncelle. La composition se termine par un changement d’ambiance musicale, avec quelques notes de guitare sèche, peut-être pour nous préparer au morceau qui conclu l’album. Circles on Circles est une étonnante balade Post-Rock pleine de finesse et très inspirée, chantée par Philip Jamieson. Un moment rare.

Si la grande valeur de Caspian était connue depuis bien des années, le groupe avait pris la taille « géant » avec la sortie de Dust and Disquiet. Eh bien, les géants sont toujours là, sûrs et en pleine maîtrise de leur musique.

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Syberia – Seeds of Change

Syberia avait été une très belle révélation en 2012, lors de la sortie de son premier EP, plein de fraîcheur et de spontanéité. Les choses se sont bien enchaînées ensuite pour le groupe espagnol avec un premier album, Drawing a Future, en 2012, un deuxième album, Resiliency, en 2016 et des tournées espagnoles et européennes.

Syberia est revenu en octobre 2019 avec son troisième album intitulé Seeds of Change et publié chez Blacklight Media/Metal Blade Records cette fois. Les nouveaux titres sont, comme par le passé, constamment intenses, riches, avec peut-être un peu plus de maturité. Ils sont souvent longs, avec une certaine progression dans les compositions. On pourrait presque parler à leur sujet de scénarisation, au même titre que pour le clip du single Empire of Oppression. Et enfin, n’oublions pas la marque de fabrique du groupe qui sont les riffs d’une grande efficacité. La flamme est toujours là !

Comme on pouvait l’espérer à l’époque du premier EP, Syberia est bien devenu un très bon groupe de Post-Rock.

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