Caspian

Caspian – On Circles

Après le presque unanimement plébiscité Dust and Disquiet paru en 2015, Caspian revient en tout début d’année avec son 5ième album intitulé On Circles.

Avec WildBlood, le premier titre, le groupe semble vouloir poser les bases. Caspian ne se fixe plus de limite, le nouveau Caspian ne se contente plus de beaux crescendos Post-Rock, le nouveau Caspian a le droit d’être d’entrée plus cash, plus direct. Mais attention, on reste sur un son très Post-Rock, une production 5 étoiles et l’émotion est elle aussi toujours au rendez-vous. Un grand morceau de Post-Rock.

Flowers of Light est un titre plus classique, avec un gros travail sur le son, très reconnaissable. Nostalgist est peut-être le morceau le moins intéressant, le chant de Kyle Dufrey de Piano Becomes the Teeth donnant un petit goût de guimauve. Division Blues est un long et beau morceau développant ses mélodies. Et non, ce titre ne se terminera pas sur un mur de son, comme l’aurait sans doute fait l’ancien Caspian. La tension reste contenue. Avec Onsra, nous sommes plus sur la douceur d’un Post-Rock cinématique, très proche de ce que fait Lights and Motion. Collapser, ensuite, est le morceau très catchy de l’album, très intense de bout en bout. On retrouve la douceur sur le titre suivant, Ishmael, avec la participation de Jo Quail au violoncelle. La composition se termine par un changement d’ambiance musicale, avec quelques notes de guitare sèche, peut-être pour nous préparer au morceau qui conclu l’album. Circles on Circles est une étonnante balade Post-Rock pleine de finesse et très inspirée, chantée par Philip Jamieson. Un moment rare.

Si la grande valeur de Caspian était connue depuis bien des années, le groupe avait pris la taille « géant » avec la sortie de Dust and Disquiet. Eh bien, les géants sont toujours là, sûrs et en pleine maîtrise de leur musique.


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Syberia – Seeds of Change

Syberia avait été une très belle révélation en 2012, lors de la sortie de son premier EP, plein de fraîcheur et de spontanéité. Les choses se sont bien enchaînées ensuite pour le groupe espagnol avec un premier album, Drawing a Future, en 2012, un deuxième album, Resiliency, en 2016 et des tournées espagnoles et européennes.

Syberia est revenu en octobre 2019 avec son troisième album intitulé Seeds of Change et publié chez Blacklight Media/Metal Blade Records cette fois. Les nouveaux titres sont, comme par le passé, constamment intenses, riches, avec peut-être un peu plus de maturité. Ils sont souvent longs, avec une certaine progression dans les compositions. On pourrait presque parler à leur sujet de scénarisation, au même titre que pour le clip du single Empire of Oppression. Et enfin, n’oublions pas la marque de fabrique du groupe qui sont les riffs d’une grande efficacité. La flamme est toujours là !

Comme on pouvait l’espérer à l’époque du premier EP, Syberia est bien devenu un très bon groupe de Post-Rock.


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Brutus

Brutus – Nest

Phénoménal ! Il n’est pas courant de voir apparaître un groupe phénomène de cette trempe sur la scène Rock mondiale. Brutus étonne également par la position qu’occupe Stefanie Mannaerts à la fois à la batterie et au chant.

Burst, le premier album, avait déjà été une petite bombe dans le milieu du Post-Hardcore en 2017. Nest, en ne perdant pas le côté brutal et hargneux, est certainement plus abouti et maitrisé, et possède en outre avec War un titre incontournable par sa sensibilité. La recette est assez simple, une grosse dose d’énergie d’une musique aux croisées du Post-Rock, Post-Hardcore, Punk et Metal, et des passages plus calmes où la voix de Stefanie peut faire merveille.

Fire, le premier titre de l’album, déroge un peu à la règle en se cantonnant à un registre violent, une hargne mesurée toutefois. L’intéressant Space, au contraire, reste lui sur une rage renfermée. Le bien nommé Sugar Dragon, enfin, pousse le feu et la douceur à leurs paroxysmes durant plus de 7 minutes pour clôturer l’album.

Brutus, avec cet album, dépasse les frontières des genres musicaux et est bien parti pour s’imposer dans le monde entier. Et il est bien plaisant que cela soit un groupe belge.


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The End of the Ocean

The End of the Ocean – -aire

Avec seulement un premier album, The End of the Ocean s’était déjà imposé sur la scène Post-Rock US en 2012. Il a fallu patienter 7 ans pour voir un deuxième album publié chez Equal Vision Records et intitulé -aire.

S’il n’y a pas de révolution dans le style, on se retrouve avec des musiciens ayant déjà une très grande maitrise. Tara Mayer apporte un plus mélodique au clavier, souvent en début de morceau. Wes Jackson livre un jeu de batterie très riche comme il se doit. Et les 2 guitaristes virtuoses, Kevin Shannon et Trish Chisholm, emmènent, par leurs mélodies recherchées, les compositions à des niveaux très élevés. Enfin, la basse souvent très puissante de Jason Han intensifie encore les titres. The End of the Ocean, avec son Post-Rock taille patron, propose tout simplement sa définition de ce qu’est le Post-Rock en 2019.


Le site officiel de The End of the Ocean

Toundra

Toundra – Vortex

Vortex est déjà le 5ième album des espagnols de Toundra, le premier à bénéficier d’un titre autre que son numéro. Le groupe a souvent montré son large panel musical, mais les albums, jusque là, était plutôt orientés vers un Post-Rock proche de Post-Metal aux constructions parfois complexes.

Ce nouvel album ne révolutionne en rien le style de Toundra. Mais le groupe a choisi aujourd’hui de faire une musique moins uniformément agressive. L’intro de Vortex donne le ton du changement avec une composition tout en douceur à la guitare sèche. La suite navigue entre passages puissants et riches musicalement et moments plus calmes. Tuareg, un long morceau de plus de 8 minutes, est représentatif de la globalité de l’album. L’entame est énergique, les structures complexes se chevauchent, c’est le Toundra qu’on connaît le mieux. Les riffs toujours tranchants deviennent ensuite plus posés, plus rythmés. Et c’est au bout de 5 minutes qu’on change d’atmosphère avec des guitares claires qui nous emmènent sur une mélodie belle et mélancolique qui étreint le cœur.

Avec Vortex, Toundra s’éloigne un peu du Post-Metal, mais propose, sans se renier, un album Post-Rock plus équilibré qui pourrait toucher un public plus large. Le groupe confirme une fois de plus son énorme talent et pose une pierre pour son accession au rang de groupe incontournable de la scène Post-Rock mondiale.

Le site officiel de Toundra

Astodan

Astodan – Ameretat

Mais d’où sortent donc ces musiciens hors du commun ? C’est Dunk!Records qui publie Ameretat, le premier album de ce groupe belge. Ils ont également eu le droit à un premier passage au Dunk!Festival cette année.

Astodan, c’est certes souvent quelques notes de piano et une touche d’électro, mais les guitares sont largement prédominantes. La musique est intuitive, d’une efficacité simple qu’on a plaisir à retrouver dans le Post-Rock. Et les compositions sont donc portées par des musiciens d’exception qui ont l’air de jouer du Post-Rock ensemble depuis plus de 10 ans.

Pour ce premier album, pas grand chose à reprocher à Astodan, si ce n’est qu’on aimerait vite en avoir plus, avec peut-être un peu plus d’audace. Mais il ne faudrait pas perdre cette très belle spontanéité.


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